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ACRE 2026 : exonération ramenée à 25 %, demande sous 60 jours, ce qui change pour les créateurs et les micro-entrepreneurs

L'ACRE n'exonère plus que 25 % des cotisations concernées : depuis le 1er janvier 2026 pour les travailleurs indépendants et les dirigeants assimilés salariés, depuis le 1er juillet 2026 pour les micro-entrepreneurs, qui paient désormais 75 % du taux normal au lieu de 50 %. Surtout, l'aide n'est plus automatique : vous devez la demander à l'Urssaf au plus tard le 60e jour suivant l'ouverture de votre activité. Voici les nouvelles règles, chiffrées.

· 8 min de lecture

Florence

FlorenceCRM et stratégie Moriarty

Ce qui change, pour qui, depuis quand

L'ACRE existe toujours. Elle rapporte simplement deux fois moins, et elle ne tombe plus toute seule.

Pour tout créateur ou repreneur éligible, l'exonération est ramenée à 25 % des cotisations concernées : depuis le 1er janvier 2026 pour les travailleurs indépendants et les dirigeants, depuis le 1er juillet 2026 pour les micro-entrepreneurs. Et il faut la demander à l'Urssaf au plus tard le 60e jour suivant l'ouverture de l'activité.

Le texte, c'est le décret n° 2026-69 du 6 février 2026, pris pour l'application de l'article 23 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Côté micro-entreprise, il remplace dans l'article D. 131-6-3 du code de la sécurité sociale le taux de « 50 % » par « 75 % ». Autrement dit, vous payez désormais les trois quarts du taux normal, et non plus la moitié.

ACRE avant et après la réforme (LFSS 2026, décret n° 2026-69 du 6 février 2026)
PublicCréations à partir duExonérationDurée
Micro-entrepreneur1er juillet 202625 % (taux réduit à 75 % du taux normal, contre 50 % avant)jusqu'à la fin du 3e trimestre civil suivant le début d'activité
Travailleur indépendant hors micro1er janvier 202625 % jusqu'à 36 045 € de revenu, dégressive jusqu'à 48 060 €, nulle au-delà12 mois
Dirigeant assimilé salarié (président de SAS, gérant minoritaire)1er janvier 202625 % jusqu'à 36 045 €, dégressive jusqu'à 48 060 €12 mois

Les définitions à connaître

On confond encore souvent l'ACRE et l'ARCE. La première est une exonération temporaire et partielle de cotisations sociales en début d'activité. La seconde est versée par France Travail : vous touchez 60 % de vos allocations chômage restantes sous forme de capital. Deux guichets, deux logiques.

Toutes les cotisations ne sont pas concernées. L'exonération porte sur la maladie, la maternité, les indemnités journalières, la retraite de base, l'invalidité-décès et les allocations familiales. La CSG-CRDS, la formation professionnelle et la retraite complémentaire restent dues, ACRE ou pas.

La date d'ouverture de l'activité est celle du justificatif de création délivré par le guichet des formalités des entreprises. C'est elle qui déclenche le compte à rebours des 60 jours, pas la date à laquelle vous recevez vos papiers de l'Urssaf.

Pour une société, il faut en plus exercer le contrôle effectif, par exemple en détenant avec votre famille proche plus de 50 % du capital, dont au moins 35 % à titre personnel, pendant au moins 2 ans.

Le calcul, pas à pas

Prenons une micro-entrepreneuse en prestations de services BIC. Elle facture 4 000 € par mois et démarre le 1er octobre 2026.

Au taux normal de 21,2 %, elle paierait 848 € par mois. Avec l'ACRE 2026, le taux tombe à 21,2 % × 75 % = 15,9 %, soit 636 €. Elle économise 212 € par mois.

Combien de temps ? Jusqu'à la fin du 3e trimestre civil suivant le début d'activité. Elle démarre au 4e trimestre 2026, l'exonération court donc jusqu'au 30 septembre 2027 : 12 mois pleins, 2 544 € au total.

Sous l'ancienne règle (taux à 50 % du normal, 10,6 %), elle aurait payé 424 € par mois et économisé 5 088 € sur l'année. La réforme coupe l'avantage en deux, ni plus ni moins.

Et la date de démarrage pèse lourd. Service-Public prend l'exemple d'un début le 3 septembre 2026 : l'ACRE s'arrête au 30 juin 2027, au bout de 10 mois seulement.

Hors micro, c'est un autre mécanisme. Un travailleur indépendant qui déclare 40 000 € de revenu se situe dans la zone dégressive, entre 36 045 € et 48 060 €. Le décret donne la formule : montant de l'exonération = 0,25 E / 0,25 PSS × (PSS - R), R étant le revenu. Avec 10 000 € de cotisations concernées (E) et un PSS de 48 060 € : 10 000 × (48 060 - 40 000) / 48 060 = 1 677 € environ. Petite vérification au passage : à 36 045 € de revenu, la même formule redonne bien 25 % de E.

Les pièges à éviter

Le délai de 60 jours, d'abord, parce que c'est le piège tout neuf. Au-delà du 60e jour suivant la date d'ouverture de l'activité, la demande est hors délai, même si votre attestation d'affiliation est arrivée tard. Nous voyons déjà des créateurs de début 2026 qui pensaient l'aide automatique.

Demander l'ACRE sans rien facturer est une fausse bonne idée. Une fois demandée, elle est considérée comme utilisée sur la période d'exonération, même sans chiffre d'affaires, et vous ne pourrez pas en bénéficier de nouveau avant 3 ans.

Pour un micro-entrepreneur, démarrer en fin de trimestre coûte cher : chaque mois déjà écoulé dans le trimestre de démarrage est un mois d'exonération en moins.

En société, perdre le contrôle effectif avant 2 ans expose à un retrait de l'ACRE et au rappel des cotisations exonérées.

Dernier conseil, plus terre à terre : beaucoup de pages en ligne affichent encore 50 % ou une ACRE automatique. Regardez la date de création. Avant ou après le 1er janvier, avant ou après le 1er juillet 2026, ça change tout.

Cumul avec les autres aides

L'ARCE suppose d'avoir bénéficié de l'ACRE. Sans demande d'ACRE dans les délais, pas d'ARCE, ce qui rend le délai de 60 jours encore plus sensible pour les demandeurs d'emploi.

Pour le cumul avec un autre régime d'exonération sur les mêmes cotisations, le décret réserve l'application de l'article L. 131-6-5. C'est à regarder avec votre conseil, au cas par cas.

Ce qui reste incertain

Nous n'avons pas relu ce jour le texte consolidé de l'article L. 131-6-4 du code de la sécurité sociale sur Légifrance. Nous nous appuyons sur le décret n° 2026-69, sur urssaf.fr et sur Service-Public.

Le PSS utilisé dans le calcul dégressif est celui de 2026 (48 060 €, selon l'Urssaf). Il change chaque année.

Quant aux micro-entreprises créées entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, elles restent d'après le décret sur l'ancien taux micro (50 % du taux normal). Vérifiez la date qui figure sur votre justificatif.

Trois questions qu'un expert-comptable posera

« Mon client crée une SASU en novembre 2026 : l'ACRE est-elle automatique ? » Non, plus depuis le 1er janvier 2026. Il dépose le formulaire « mandataire social assimilé salarié » dans les 60 jours, avec le justificatif de création et la pièce prouvant son éligibilité.

« Les cotisations retraite complémentaire sont-elles réduites ? » Non. Seules la maladie, la maternité, les indemnités journalières, la retraite de base, l'invalidité-décès et les allocations familiales sont exonérées.

« Faut-il conseiller de démarrer au 1er jour d'un trimestre ? » Pour un micro-entrepreneur, oui, sans hésiter : l'exonération court jusqu'à la fin du 3e trimestre civil suivant le début d'activité, et un démarrage en début de trimestre donne 12 mois pleins.

Questions fréquentes

Quel est le taux de l'ACRE en 2026 ?

25 % d'exonération des cotisations concernées. Pour un micro-entrepreneur créé depuis le 1er juillet 2026, cela revient à payer 75 % du taux normal, par exemple 15,9 % au lieu de 21,2 % pour une activité de services BIC.

L'ACRE est-elle automatique ?

Non. Depuis le 1er janvier 2026, il faut la demander à l'Urssaf, au plus tard le 60e jour suivant la date d'ouverture de l'activité figurant sur le justificatif de création. Jusqu'au 31 décembre 2025, elle était obtenue automatiquement pour les créateurs hors micro-entreprise.

Qui a droit à l'ACRE en 2026 ?

Les créateurs ou repreneurs qui remplissent un critère : demandeur d'emploi indemnisé, inscrit non indemnisé 6 mois sur 18, bénéficiaire du RSA ou de l'ASS, jeune de 18 à 25 ans, moins de 30 ans non indemnisé ou reconnu handicapé, repreneur d'une entreprise en procédure collective, titulaire d'un Cape, création en QPV ou en zone France ruralités revitalisation, bénéficiaire de la PreParE.

Que se passe-t-il si l'Urssaf ne répond pas ?

L'Urssaf statue dans un délai de 30 jours ; sans réponse, l'ACRE est considérée comme accordée.

Dans le catalogue

Pour aller plus loin

L'ACRE n'est qu'une des aides ouvertes à la création. Une fois immatriculé, vous repérez les autres à partir de votre SIREN : faire le test d'éligibilité.

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